L’origine du nom :
Les premières implantations sur la colline datent de la lointaine préhistoire. Puis deux races y séjournèrent : les Gaulois Séquanes (vers 58 av. J.-C.) et les Romains. Ces derniers ont laissé deux axes routier : la voie romaine devenue la rue de la République et la piste reliant la colline à la villa romaine devenant, par la suite, la rue de Richwiller.
Le village s’appelait alors Finstatinse. De nombreuses trouvailles l’affirment, deux autres peuplades s’implantèrent sur la colline : les Mérovingiens (vers l’an 600) et les Carolingiens. Pfastatt, dont le nom apparaît vers 1300 sous la forme Pfaffenstatten connut deux grands propriétaires : les abbayes de Murbach et de Lucelle ; et deux grandes familles seigneuriales : les Hauss qui construisirent le château-fort vers 1270 et les Zu-Rhein. Pfastatt comptait alors 295 habitants. Après la Guerre de Trente Ans, ils ne furent plus que 58.
Phastatt, après l’annexion au Royaume de France devint Pfastatt pendant la Révolution. A partir de cette époque, la prospérité et l’essor de Pfastatt sont liés avec le développement industriel et économique : en 1782, on construit une fabrique d’impression de toiles teintes près de la Doller ; en 1798, on construit une blanchisserie-teinturerie dans l’enceinte de l’ancien domaine seigneurial de Pfastatt-le-Château. Elle deviendra l’usine Schaeffer & Cie de renommée mondiale.
Après la révolution, le village entre dans l’ère politique de l’Empire et, après 1870 jusqu’à la Libération de 1918, Pfastatt suit le sort de l’Alsace annexée à l’Allemagne.
Au fil du temps :
A la préhistoire :
En 1913, une tombe renfermant des objets en bronze et des bracelets ont été retrouvés au Haulacker. C’est ce qui nous permet d’affirmer que Pfastatt a existé aux temps préhistoriques. De plus, des objets datant de l’âge du fer et des instruments en pierres polies ont également été retrouvés.
A l’époque des Gaulois :
Des huttes gauloises ont été retrouvées sur les deux versants du Haulacker et au abord de la forêt. En effet, les Gaulois recherchaient la proximité de l’eau, comme la Doller à Pfastatt. Ils vivaient de la pêche, de la chasse et de l’agriculture. La Doller était riche en poissons, alors que la forêt était riche en gibier, en bois et en plantes.
La rue de la République était l’une des principales voies de communication, elle reliait Illzach et la route des Vosges.
Au temps des Romains :
La période de 1912 à 1939 a été riche en découvertes, puisque de nombreux vestiges de l’époque romaine furent retrouvés sur le Haulacker. Notamment de la monnaie, des poteries, armes et outils. C’est ce qui nous a permis d’affirmer avec certitude la présence d’habitants gallo-romains à Pfastatt.
Le Haulacker était un poste qui servait d’observation pour les romains puisqu’ils y avaient installé un poste de guet, des écuries.
Alors que les Gaulois connaissaient la culture du pommier et du noisetier, les Romains ont implantés les autres arbres fruitiers tels le cerisier (d’où le Kirsch d’Alsace), le poirier, le prunier, le noyer et le châtaignier. Ils ont également introduit la herse et les premiers moulins à eau.
Nous devons aux Romains la réputation mondiale de nos vins d’Alsace, car ils ont intensifié la culture, notamment de blé et de vignes, et ont importé d’Italie le chou, les pois et les navets.
Les procédés de constructions datent aussi des romains. Ils ont, en effet, développé les maisons de pierres couvertes de tuiles, l’art de la cuisson de l’argile et la fabrication des briques et des tuiles.
Il faut noter que la chute de l’Empire romain date du Vème siècle.
Avant la guerre de Trente Ans (avant 1618) :
En 728, Pfastatt, petit hameau, fut rattaché à l’abbaye de Murbach, paisible hameau.
En 870, Pfastatt devient possession de Louis le Germanique, roi d’Austrasie.
En 1270, les chevaliers de Hus reçurent, en temps que fidèles serviteurs des Habsbourg, le village de Pfastatt.
En 1301, Pfastatt devient propriété de Lucelle ; puis en 1355, propriété de l’évêché de Bâle.
En 1627, la guerre approche et en 1628 le village fut détruit par le feu.
En 1632, les suédois approchent. Ce fut la Guerre de Trente Ans que nos paysans appelaient la Guerre des Suédois. Les habitants de Pfastatt ont peur devant la cruauté des soldats et se réfugient derrière les murs de la ville de Mulhouse, jusqu’à la signature du traité de Westphalie, en 1648, qui mit fin à la Guerre de Trente Ans et qui rattache l’Alsace à la France.
Le château de Pfastatt au temps des seigneurs :
Construit au cours du XIVème siècle par les seigneurs de Hus, le château se trouvait à l’emplacement de l’ancien Texunion. Il possédait d’épaisses murailles, des créneaux, des meurtrières et des tours. L’une de ses tours servait de prison. Un fossé, alimenté par la Doller, contournait le château et un pont-levis le franchissait.
A l’emplacement actuel de la ferme Nussbaumer, on peut encore voir l’entrée du château.
Pfastatt à la Révolution :
Vers 1720 la misère avait atteint son point culminant. Le seigneur du village accapare 60% de la récolte. Le paysan a de très lourdes charges.
Bilan de la Révolution :
Au nom des principes d’égalité fut abolis la distinction des ordres (noblesse, clergé, Tiers-Etat), les privilèges, les corvées et les impôts. Tous les français sont admissibles à toutes les dignités selon leur capacité.
Les Israélites du village, considérés comme étrangers jusqu’alors, reçurent de l’Assemblée Constituante les droits de citoyens en 1791.
Les protestants considérés comme hors la loi depuis la révocation de l’Edit de Nantes, reprennent leurs pleins droits dans la société.
La révolution dépouille les Zu-Rhein de leurs domaines et fit des 42 paysans des propriétaires.
L’Empire :
Le 21 mai 1804, le Maire reçoit le timbre communal de l’Empire : Mairie de Pfastatt, 2ème arrondissement du Haut-Rhin.
Les habitants sont heureux et fiers à l’annonce des grandes victoires napoléoniennes.
Mais dès 1806, les jeunes pfastattois ne sont plus volontaires pour rejoindre la Grande Armée. C’est de cette époque que date la coutume des conscrits.
La Guerre de 1870 à 1871 :
Les 17 et 18 juillet 1870, les hommes de Pfastatt reçoivent l’ordre de rejoindre leur régiment. Des troupes traversent le village se dirigeant vers le Rhin.
La victoire française est annoncée à Sarrebrück.
Les Prussiens occupent Pfastatt dans la nuit du 10 au 11 octobre.
Le 6 février 1871 des coups de canon annoncent la victoire des Allemands. Pfastatt repasse aux mains de l’Empire Allemand avec l’Alsace et la Lorraine.
Pendant de longs mois encore, des soldats prussiens logent chez l’habitant.
Le village de 1871 à 1918 :
Les Pfastattois étant devenus sujets de l’Empereur Guillaume Ier d’Allemagne, 32 familles pfastattoises émigrent vers la vieille France. On subit l’occupant mais on ne veut pas devenir soldat allemand. 75 jeunes gens quittent le village et s’engagent dans la légion. Vers 1889 un tramway relie la gare de Mulhouse à Pfastatt-le-Château.
La Guerre de 1914 à 1918 :
Les troupes françaises arrivent à Pfastatt le 8 août 1914, fêtées par la population, mais le lendemain le renfort allemand fait de nombreuses victimes.
Les troupes allemandes se cantonnèrent à Pfastatt durant toute la guerre. Les aliments étaient rationnés et la viande très rare.
Le 14 novembre 1918, le village accueille les libérateurs français.
La Guerre de 1939 à 1945 :
Les Pfastattois subirent l’enrôlement de force des alsaciens-lorrains dans la Wehrmacht.
Le 20 novembre 1944, Mulhouse fût libéré mais Pfastatt dût attendre encore deux mois, jusqu’au 20 janvier 1945.
Pendant les deux mois les habitants de la commune se sont réfugiés dans les caves pour se protéger des bombardements entre les Allemands restés dans la commune et les français stationnés de l’autre côté de la Doller. Le plus grand souci de cette période était le ravitaillement.
Le blason :
« D’azur à un mors d’argent, à la gourmette de même »
Origines d’après les archives du Haut-Rhin : d’après un dessin de 1856 reproduisant l’emblème figurant sur un fer servant à marquer les bestiaux qu’on envoyait au pâturage (cette origine est confirmée par une lettre du Maire de Pfastatt adressée au Préfet en date du 13 janvier 1856).



Commentaires