La proclamation de la liste des
lauréats de la Marianne d'Or, au Palais Royal, dans les locaux du Conseil constitutionnel, n'est pas fortuite.
C'est au siège de cette juridiction un peu à part puisqu'elle n'existe que depuis 1958, date de naissance de la Vème République. Elle est chargée de veiller à la régularité des élections, mais surtout à la conformité à la Constitution des lois votées par le Parlement, et règlements édictés par les gouvernements.
C'est donc au coeur de la République, qu'ont pu pénétrer les lauréats de la Marianne d'Or. Et ils y ont été accueillis par le maître des lieux depuis 2007, Jean-Louis Debré.
Une courte visite des lieux: c'est un ancien cabinet de travail de la famille de Napoléon III. Les lauréats ont pu
constater la vue imprenable sur la cour du Palais Royal et surtout sur les rayures noires et blanches des fameuses colonnes de Buren qui avaient provoqué d'interminables polémiques durant plus de 10 ans. Le temps de tourner autour de la table en verre où siègent les 9 sages de la République, et où ont été pris beaucoup de décisions célèbres, la dernière étant la validation du "mariage pour tous". Le bureau du Président, est aussi accessible. Le regard est attiré par sa collection de Marianne. Cela confirme que ce lieu n'a pas été choisi au hasard.
Parmi les personnalités qui vont remettre les diplômes de la Marianne d'Or, il y a Yves Guéna, ancien ministre du général de Gaulle, qui avait participé à la rédaction de la constitution et plus tard avait présidé le conseil constitutionnel pendant 4 ans, à partir de 2000. Mais aussi Christian Poncelet, ancien Président du Sénat et Jacques Pélissard, Présid ent de l'Association des Maires de France. Plus tard, deux ministres, répondent à l'invitation des organisateurs. Ils, elles, ont du retard, mais une excuse en béton: on est mercredi et elles ont participé au Conseil des ministres.
Le palmarès est riche et varié. Il y a une grande diversité d'expériences. Tout l'éventail de la vie publique est représenté. Du PCF à l'UMP, avec toutes les nuances intermédiaires. Mais on est loin des remous de l'Assemblée nationale et de la vie politique quotidienne.
Parmi les lauréats, des têtes connues, des parlementaires rompus à la vie publique, mais bien sûr des anonymes, la commune la plus petite représentée est celle d'Olleta, en Haute Corse, 1400 habitants. A côté de Marseille Métropole, Dunkerque, Narbonne, Saint Etienne, mais aussi d'autres communes pas forcément très grandes, mais connues, comme Cavalaire, Paimpol, Pfastatt se situe parmi les petits.
Chaque maire lauréat se voit remettre un diplôme, la Marianne sera remise ultérieurement dans chacune des villes lauréates, et chacun est invité à dire quelques mots sur le dossier pour lequel il a obtenu une Marianne d'Or. Le tout sous l'autorité souriante d'Alain Trampoglieri, l'un des deux "inventeurs" de ce concours, qui ne manie pas la langue de bois. Il charrie les ministres présents avec gentillesse, mais il balance. Il donne la répartie au Président du Conseil constitutionnel et à plusieurs élus qu'il semble bien connaître. Certains sont des récidivistes. Le maire de Dunkerque, Michel Delbarre, en est à sa 4ème Marianne. Presque autant que de mandats ministériels. On sent bien qu'il a de l'affection pour ceux qui sont à la base de la République.
L'affection pour les élus de la République transparait aussi lors de l'apparition d'un invité-surprise. Pas besoin d'en rajouter, l'évocation de son nom suffit à déclencher une salve d'applaudissements. Car c'est Pierre Bonte qui arrive. Le célèbre journaliste qui a officié durant un quart de siècle à la radio et qui a fait découvrir les communes et surtout le travail des élus de terrain avec son émission matinale "Bonjour Monsieur le Maire". A plus de 80 ans, il continue à sillonner la France et à animer des chroniques sur la vie locale à la télévision. Et, Nota bene, quand il entend le nom de Pfastatt, il sait parfaitement où situer notre commune.
A ce train, la promesse de début de séance-"on essaiera de faire court- est vite oubliée. Les 250 personnes serrés en rangs d'oignon autour des officiels sont en apesanteur, et surtout en nage. Jean-Louis Debré rappelle qu'il y a des contraintes de temps. Il est temps de conclure avec la remise d'une Marianne d'Or d'honneur qui va à Marie-George Buffet, une figure de la politique nationale. Mais c'est au titre d'élue locale depuis 1977 qu'elle est récompensée. Vivement applaudie elle aussi quant elle défend les fonctionnaires territoriaux qui avaient fait l'objet d'une blague douteuse quelques minutes auparavant, et quand elle déclare qu'il ne "faudrait pas que les communes disparaissent au profit de monstres où la démocratie reculerait".
Après avoir posé avec les organisateurs autour d'une Marianne et fait honneur à la cave du conseil constitutionnel, il est temps de tomber la cravate. Le rideau peut tomber sur cette journée bien particulière.
Photos G.B
à gauche: la table des délibérations du Conseil. Le bureau du Président, avec sa collection de Marianne, Pierre Bonte
à droite: l'entrée du Conseil constitutionnel
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