Si l’exploitation de ces galeries a cessé, il reste qu’un certain nombre d’entre elles n’ont pas été comblées.
Galeries sous l’école maternelle J.J. Waltz
Au nombre de neuf, reliées presque toutes entre-elles, celles situées sous l’école maternelle, sous terrain communal, ont une longueur totale d’environ 500 mètres, sont larges en moyenne de 2m50, hautes entre 2m00 et 3m00 et profondes, en moyenne, entre 2m50 et 7m00. Elles sont entretenues et surveillées en permanence. Disposant, du temps des caves à champagne, de 7 entrées répertoriées sur les plans, elles sont accessibles actuellement par une porte en fer située rue de la République.
Les arbres situés au-dessus du réseau ayant grandi, leurs racines sont allées jusqu’aux toits et pieds des galeries. Pour éviter que leurs poussées ne détachent des plaques de lœss, d’importants travaux de confortement et de mise en sécurité ont été menés et restent programmés. A ce jour, les Services Techniques ont fait réaliser, par le biais d’entreprises spécialisées, trois tranches d’un coût d’environ 100 000 euros chacune. Une de ces entreprises, les Ets Richert de Pfastatt, spécialisés dans la réalisation de tunnels et de ponts, a entrepris, en 2003, 2005 et 2008, le décapage du lœss entre les voûtes et les piédroits en briques existantes, la pose d’un treillis métallique et la projection sur ce dernier de béton, ainsi que la réouverture de bouches d’aération qui avaient été bouchées. Une bonne circulation d’air évite en effet un taux d’humidité important qui affecte la tenue des lœss lorsqu’ils sont à nu, mais surtout la maçonnerie.
Photo : les galeries sous l'école J.J. Waltz après travaux de confortement
Le réseau sous l’I.E.M. des Acacias
Un plan datant de 1943, établi par l’occupant allemand, notamment pour la défense passive, fait apparaître, sous le terrain de l’Institut d’Education Motrice des Acacias, rue d’Illzach, une importante poursuite du réseau décrit ci-dessus. Les différentes prospections des spéléologues du Spéléo Secours Français (S.S.F.) n’ont pas permis, à ce jour, d’entrer dans ces galeries. Des relevés topographiques complétés d’observations sur le terrain, avec notamment une caméra thermique, permettent de conforter l’existence de ces galeries.
Le réseau du quartier des « Tuileries »
Sur le même plan ont été relevés des galeries partant du réseau des Acacias et débouchant dans le quartier des Tuileries, éponyme des anciennes industries.
Ouvertes par les Services Techniques de Pfastatt, à l’aide d’une pelle mécanique, deux entrées ont permis l’exploration de trois réseaux de galeries par les spéléologues du S.S.F. et les géologues du Bureau de Recherches Géologiques et Minières (B.R.G.M.), y compris celui débouchant sur le terrain d’un particulier. Les témoignages recueillis par la Société d’Histoire ont permis d’établir qu’elles avaient, elles aussi, abrité la population durant les bombardements de novembre 1944 au 20 janvier 1945.
Abandonnées depuis la cessation d’activités des tuileries, dans les années 60, elles sont aujourd’hui dans un état de conservation médiocre. C’est pourquoi et dans l’attente de travaux éventuels de comblement, elles ont été refermées en maintenant néanmoins une entrée sécurisée. Situées sous les bosquets du terrain des Acacias, dans une zone non fréquentée, elles ne présentent pas de danger immédiat mais nécessitent une surveillance.
Les galeries de la maison de retraite Hirschler
Bénéficiant d’une entrée indépendante rue de la République, deux galeries jumelles se situent sous les terrains de la maison de retraite René Hirschler, le long de la rue Joseph Hunold. Une troisième donnant accès dans le bâtiment de l’ancienne villa Hunold, agrandie et transformée en hospice, s’était effondrée en novembre 2002. Comblée, tout comme une grande partie des galeries jumelles, elle ne permet plus de déterminer jusqu’où elles allaient dans la colline.
Les galeries du monument aux morts
Terrassées ou comblées partiellement lors de l’édification du monument aux morts, en 1948, deux galeries ont été condamnées définitivement suite à leur effondrement partiel. Le sondage des terrains d’un particulier de la rue des Ancêtres par la société Arcadis a permis de confirmer l’existence d’une galerie explorée partiellement par les spéléologues. Aucun plan, hormis celui du réseau J.J. Waltz et des Acacias, ne permet de dire jusqu’où va cette galerie, ni d’autres éventuellement.
Les autres galeries
Entre ces galeries et celle de Hirschler, une autre est située dans une propriété privée, le long de la rue Joseph Hunold. Elle se rajoute à une galerie d’environ 50 mètres partant de la rue de Richwiller et aboutissant, rue de la République, sous les terrains de la résidence des Violettes. A côté, mais accessible seulement depuis la place des Poilus, une autre galerie filante d’environ 25 mètres s’arrête avant le trottoir de la rue de la République. Deux cheminées d’aération sont visibles dans l’espace vert de la résidence.
Rue de la République, en face des anciennes caves à champagne, plusieurs galeries avaient été mises à jour et comblées lors de la construction de la résidence de la Commanderie. Plus bas, vers la rue de l’Irrigation, on trouve d’autres entrées, dont une qui permet de découvrir un réseau sur terrain privé, mais non surbati, dans un état de conservation partiellement satisfaisant. En face, la construction du Foyer de Vie Marc Duval a nécessité de combler définitivement plusieurs galeries dont certaines qui s’étaient effondrées.
En plus de ces témoins de l’exploitation de la terre glaise, puis de leur utilisation pour la conservation de la bière et de champagne, on trouve sur la commune, deux autres réseaux. L’un d’eux, situé entre la rue de la Colline et du Château, a bénéficié des travaux d’exploration des spéléologues du S.S.F. Il s’agit en fait d’abris souterrains creusés, en sept tronçons, pendant la 1ère guerre mondiale. Les témoignages recueillis par la Société d’Histoire évoquent notamment un poste sanitaire. Situés sous terrains agricoles et des jardins privés, ce réseau est dans un état de stabilité précaire et près de la moitié de ces galeries s'est déjà effondrée. Il nécessite, là aussi, une surveillance particulière.
Le dernier réseau existe sous l’hôpital de Pfastatt. Maçonnées en béton armé sur l’ensemble de leur tracé, ces galeries sont aujourd’hui utilisées comme galeries techniques du centre hospitalier. Elles datent vraisemblablement de la seconde Guerre Mondiale, époque où elles ont abrité, là aussi, une partie de la population durant les bombardements.
Une prospection qui se poursuit
Photo : les spéléologues du S.S.F. explorant les galeries du réseau des "Tuileries"
Sur la base des plans de 1943, la prospection du réseau de galeries de Pfastatt se poursuit. Mandatés par la Préfecture, après l’effondrement en 2002 de galeries dans la résidence Hirschler, les spéléologues du S.S.F. (Président Eric Zipper) poursuivent aujourd’hui bénévolement leur exploration. Le B.R.G.M., établissement public, intervenu lui aussi après l’incident de 2002, a établi des diagnostics des ouvrages souterrains (David Cruz Mermy et Christian Mathon). La ville de Pfastatt et ses Services Techniques dressent des plans d’intervention, de travaux de mise en sécurité et de réhabilitation et mettent à disposition et en œuvre hommes et matériel (Francis Hillmeyer, Député Maire, Georges Blaszczyk, Directeur Général des Services, Francis Kolb, Directeur Général des Services Techniques, Didier Czernichowski, responsable du Centre Technique, Patrice Willemann, responsable Sécurité, et leurs équipes).
De son côté, pour guider et faciliter tout ce travail, la Société d’Histoire de Pfastatt (Président Daniel Schaerer) effectue des recherches dans les lieux d’archives et recueille documents et témoignages pour garder en mémoire et conserver dans le patrimoine communal ces témoins de notre histoire.
A partir du livre de M. Dessoud « Joies et peines d’antan », « Les vieux amis n° 58 – septembre 1994 – Médard Wirth », du rapport final du BRGM « Galeries souterraines de Pfastatt – Phase 2 – Diagnostics des ouvrages souterrains », des rapports du S.S.F., d’archives communales et personnelles.
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