Il y a des endroits où le Carnaval est une véritable religion et il y a un Dieu pour le carnaval. La preuve irréfutable, c'est qu'il a fait beau ce mardi, qui n'était pas un mardi ordinaire. On fêtait le Mardi-Gras, et on le fêtait plus particulièrement Outre-Rhin qui comme chacun le sait est le paradis des carnavaliers. Ce jour constitue le point d'orgue d'une longue liturgie qui débute chaque année ponctuellement le 11.11 à 11H et 11 minutes et qui s'achève justement dans la soirée du Mardi-Gras. Le carnaval de Karlsruhe est de ceux qui ont de longues traditions et pour les nombreuses associations carnavalesques, y participer est un honneur et une reconnaissance.
La clique des sapeurs pompiers de Pfastatt est une jeune association, d'ailleurs dirigée par un jeune qui n'a que 84 ans- on aura reconnu Arthur Brobst- mais cela ne l'empêche pas de s'être fait une sacrée réputation en très peu de temps. Avec les carnavaliers de Karlsruhe, cela a été un coup de foudre et depuis 5 ans les Pfastattois sont reçus en grande pompe à la Mairie avant de défiler au milieu d'une foule immense. Ils sont les seuls à ne pas se déguiser puisqu'ils se produisent dans leur costume traditionnel de pompier. Nos pompiers ne sont pas les seuls Français à participer à cette grand messe. Il y avait aussi les représentants de Nancy, ville qui a tissé des liens d'amitié avec Karlsruhe depuis 50 ans. Il y avait également la Gugga 51, une société carnavalesque de Mulhouse qui est aussi une habituée des lieux. Mais il est étonnant de constater que c'est notre clique pfastattoise qui ouvre et ferme la réception officielle qui rassemble une dizaine d'associations sur les 92 qui ont défilé mardi. Pour marquer le coup, les Pfastattois n'étaient pas venus les mains vides. Une magnifique calligraphie, réalisée par un agent de la commune de Pfastatt, Gilbert Coutherut, a été officiellement remise au trio des organisateurs allemands, le Maire Heinz Feinrich, le Président du Carnaval Jürgen Olm, et Michaël Armbruster, le Secrétaire Général, en reconnaissance "des excellentes relations unissant les carnavaliers de la Ville de Karlsruhe et la clique des sapeurs pompiers de Pfastatt". Après cette sympathique réception qui a vu se produire quelques groupes dans des prestations de haut niveau et un déjeuner vite avalé, il était déjà temps de rejoindre le lieu de départ de la cavalcade, départ programmé, cela va de soit à 14H11 précises, le signal étant donné par trois coups de canon tirés des hauteurs du château qui domine la ville. C'est sous un grand soleil que les 92 (!) troupes défilèrent, au milieu d'une foule de plus en plus compacte, dans une ambiance bon enfant et disciplinée. Nos pompiers ont eu droit à une bonne part des applaudissements, notamment à hauteur de la tribune officielle, où Arthur Brobst fut acclamé. Il faut dire qu'en Allemagne, s'il y a un Dieu du Carnaval, il y a aussi ses prophètes qui sont les présidents des Sociétés de carnaval, personnages puissants dans la société. Et on acclamait autant les présidents que les prestations des troupes. L'après midi se termina dans un hall où les différents groupes musicaux, guggas et autres fanfares, se produisirent une dernière fois avant de se retrouver pour un évènement particulièrement triste, l'enterrement en grande pompe du Carnaval 2004. Sous les pleurs du public, et sous des accents de musique funèbre, on mit le feu au cercueil, avant de se donner rendez vous au 11.11.2005 à 11H11. Entre temps il va falloir se remettre au travail, trouver un autre opium pour agrémenter le train-train quotidien. Mais cette période de pause sera mise à profit pour réfléchir à la future campagne, à laquelle la clique des sapeurs pompiers de Pfastatt sera probablement associée. Si Dieu le veut...

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