ROLAND ANDRÉ : « JE PLAIDE COUPABLE ! »
Directeur technique de l’ASSM, Roland ANDRÉ est bien connu pour son franc-parler. Dans un article du journal « L’Alsace » , il fait le point sur la situation de son équipe. Sandrine PAYS, l’auteur de cet article, nous a autorisés à le reproduire ici. (Les intertitres sont de la rédaction du blog)
L'ASSM Pfastatt, qui vient de perdre à Vanves, aurait besoin d'un véritable miracle pour se maintenir. Son directeur technique, qui n'a pas la langue dans sa poche, revient sur les raisons de cet échec.
Cette fois-ci, les carottes sont pratiquement cuites. A six journées de la fin du championnat, les joueurs de l'ASSM Pfastatt, battus samedi à Vanves et toujours bons derniers de leur poule, doivent réaliser un sans-faute. Mais aussi compter sur des faux pas de leurs concurrents directs. Autant dire qu'il faudrait un miracle pour qu'ils réussissent à sauver leur peau. Roland André, le directeur technique du club, revient sur les raisons de cet échec, même s'il n'a pas perdu tout espoir et continue à croire en un possible retournement de situation.
« Nous avons manqué de concentration… »
Que s'est-il passé à Vanves, où vous avez perdu de deux points seulement?
Nous avons manqué de concentration. Et nous avons raté sept tentatives sous le cercle, ce qui ne nous est pratiquement jamais arrivé. Ce n'est pas la peine de chercher ailleurs les raisons de notre défaite. Si nous avions gagné, nous aurions réalisé un véritable hold-up. Mais la pièce ne veut de toute façon jamais tomber de notre côté cette saison, contrairement à la saison précédente.
Avez-vous encore une chance réelle de vous maintenir en N2?
Disons que la flamme de l'espoir, que nous continuons tous à entretenir, s'est transformée en veilleuse. Mais nous y croyons encore tous, joueurs, entraîneur et dirigeants. Même si certains, qui se sont découvert une vocation de croque-morts, nous ont enterrés depuis un petit moment déjà. Même si nous n'avons plus droit à l'erreur et que nous devons compter sur les défaites de nos adversaires. Même si nous savons que nos chances sont minimes. Cela dit, nous ne méritons pas ce qu'il nous arrive. Mais je plaide coupable.
« C’est la faute à Mathieu… »
Pourquoi?
Tout simplement parce que je suis le directeur technique du club et parce que je me suis occupé, en tant que tel, d'un recrutement que j'aurais voulu différent puisqu'à l'arrivée, l'équipe est déséquilibrée, avec trop de joueurs extérieurs et pas assez d'intérieurs.
Dans ce cas, pourquoi ne pas avoir recruté différemment?
Nous n'avons pas su, pendant très longtemps, si Mathieu Gitta resterait avec nous. Nous avons dû attendre pratiquement jusqu'à la fin de la période des mutations pour avoir une réponse. Du coup, l'arrivée de Zvonimir Paradzik et Florian Schneider étaient totalement justifiées.
« L’équipe n’a pas de leader ! »
Vous étiez aussi limités financièrement parlant?
Exactement. Nous n'avons pas dérapé, nous avons refusé de le faire. Nous avons recruté à Dessenheim et Rixheim, alors que d'autres cherchaient d'anciens joueurs de Pro B! Toujours est-il que nous avons fait appel à un intérieur, un jeune de moins de 21 ans, Hugo Kuntz qui, malgré toutes ses qualités, est une recrue mais pas un renfort.
Même déséquilibrée, l'équipe semblait pourtant posséder toutes les qualités nécessaires pour se maintenir, non?
J'en suis pleinement convaincu. Disons que l'équipe a été fortement renouvelée. Et qu'elle n'a pas de leader. Et puis il y a eu pas mal de choses qui nous ont pourri la saison. Comme par exemple ces trois fautes techniques qui nous ont coûté le match à chaque fois et trois points au classement. Ou une préparation physique que certains n'ont pas supportée. D'où de nombreux blessés et absents. Sans oublier tous ces matches perdus de un, deux ou trois points seulement, qui montrent sans doute que nous ne savons pas gérer le money-time. Nous sommes tous coupables.
« Je n’ai pas réussi à faire passer le message… »
Et le coach dans tout ça?
Que les choses soient claires: je défendrai Frédéric Demontoux jusqu'au bout parce qu'il possède d'énormes qualités, parce qu'il nous a beaucoup apporté dans la forme et dans le fond et parce qu'il s'est énormément investi. Je n'ai jamais vu quelqu'un préparer un match avec autant de soin! La seule chose qui lui manque, c'est de savoir être à l'écoute, et de savoir s'adapter. Il est trop perfectionniste, il est trop professionnel... Il a un niveau trop élevé pour nous! Et puis il a parfois du mal à faire des compliments. C'est peut-être puéril, mais les joueurs aiment bien entendre, de temps en temps, qu'ils ont bien fait leur boulot. Mais là encore, je plaide coupable. Parce que je n'ai pas réussi à faire passer le message. Je n'ai pas été un bon patron!
Et maintenant, alors, qu'est-ce que vous allez faire?
Nous allons essayer d'accrocher tous les matches. Nous allons tous monter sur le pont du bateau et ramer dans le même sens. Et nous allons prier aussi! J'ai allumé un cierge dans toutes les églises et toutes les mosquées du coin et je m'engage, si nous nous maintenons, à aller à Lourdes. A pied!
Propos recueillis par Sandrine PAYS
(Journal « L’Alsace » mardi 4 mars 2008)



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